mardi 13 mars 2007

Ibrahim, Ismaël et la Kaaba (2ème partie)

Les années passent et Ismaël fils d'Ibrahim (Abraham ou Abram), devient un homme accomplis, il bâtit une maison sur l'emplacement de la Kaaba et l'entoure d'une clôture de palmier nain pour parquer ses moutons et ses chèvres.
A sa dernière visite, Ibrahim fut enjoint par Dieu de construire la Kaaba sur l'emplacement de la clôture établie par Ismaël. C'est ce qu'il fit, avec l'aide de son fils qui avait 16 ans et Il exhorta son peuple à se rendre en pèlerinage à la Kaaba.

Ismaël reste sur place, se marie d’une femme Jurhumite et génère une descendance nombreuse. Et c'est là qu'il enterra sa mère Hajer (Agar), quand elle mourut. Lui-même y sera exhumé auprès de sa mère. Après lui, ses fils, secondés par leurs oncles les Jurhumites, continuent, à s'occuper de la Sainte Maison.

Les gens affluèrent de partout, descendants d'Ismaël, ou non, de près comme de loin. Les Jurhumites, en leur qualité de descendants des oncles maternels des enfants d'Ismaël, continuent à s'occuper de la Kaaba après eux, ils sont devenus très prospères et même très arrogants vis-à-vis des autres tribus arabes.
Blessé par cette humiliation, la tribu de Khuzaa attaque les Jurhumites pour leur prendre la Mecque et une rude guerre s’éclate. Sentant qu’ils vont perdre le conflit, les Jurhumites ensevelissent la source Zemzem, toute en effaçant toute trace de la trouver et ils s’enfuient loin de la Mecque. Depuis la tribu de Khuzaa instaure sa tutelle sur La Mecque.

Amrou Ibn Louay Maitre de Khuzaa est un homme très riche et un grand commerçant qui parcourt toute l’Arabie pour fructifier ses biens.
Lors de l’un de ses voyages au Cham, Amrou remarque que les habitants de ces contrées se prosternent pour des idoles en pierre. On lui explique que ces idoles sont la source de bonheur spirituelle des gens. Appâté part la superstition il prend quelques unes avec lui à la Mecque. Ainsi Amrou introduit à la Ka’aba la première Idoles, d’autres s’en suivirent et en quelques décennies, les gens oublièrent le Dieu unique pour se mettre à vénérer des Idoles appelées Hubbal, al-Lat, al-Uzza, Manat …

La postérité d'Ismaël, devenue nombreuse, se dispersa. L'un de ses rameaux, les Kinana, fit souche des Qorayshites qui par alliance matrimoniale avec les Khuzaa prirent possession de la Kaaba. Leur chef, qui était alors Qusay ibn Kilab, rebâtit la Kaaba, avec une toiture de palmier-nain et de branches de dattiers.

Les rois légendaires du Yémen(Tubbaa) faisaient le pèlerinage à la Kaaba et la vénéraient. Un de leurs princes, nommé Taban Asaad Abou-Karib, recouvrit la Kaaba d'un voile et d'une étoffe rayée yéménite, qu'il la fit nettoyer et qu'il fit faire une clef pour elle. On a même raconté que les Persans y venaient en pèlerinage et y laissaient des offrandes, dont les deux gazelles d'or que Abd Al-Muttalib trouva quand il fit déblayer le puits de Zemzem.

Pendant que la Kaaba était sous la garde des Qorayshites elle fut détruite par un torrent (ou par un incendie). Les Qorayshites la rebâtirent à leurs frais. Ils achetèrent, pour en refaire le toit, le bois d'un navire naufragé près de Djedda. La hauteur des murs, qui dépassait à peine la taille d'un homme, fut portée à dix-huit coudées. Le seuil de la porte était au niveau du sol: ils le haussèrent au-dessus de la taille d'un homme, pour le soustraire aux inondations. Mais, faute d'argent, ils durent laisser inachevées les fondations et en omettre six coudées et un empan, qu'ils entourèrent d'une murette: c'est là le Hijr, la partie que longent, du dehors, les pèlerins, quand ils tournent autour de la Kaaba.

Les Ethiopiens avaient conquis le Yémen et y avaient construit une église somptueuse dans l'espoir d'évincer la Kaaba et d'y attirer les caravanes de pèlerins qui se rendaient chaque année à la Mecque. Mais les Arabes restèrent fidèles à leur lieu de pélérinage et de prosternation devant les Dieux élevé par Ibrahim (as) et pour se venger de cette concurrence, des Arabes se rendirent au temple de Yémen pour y commettre un sacrilège.

Les Abyssins envoyèrent alors leur général "Abraha" à la tête d'une puissante armée et avec un énorme éléphant destiné à effrayer les Arabes et à démolir la Kaaba. Les Arabes furent effectivement effrayés et laissèrent la voie libre aux Abyssins. Mais, arrivés aux portes de la Mecque, Dieu envoya sur eux une nuée d'oiseaux qui les bombardèrent avec des cailloux, (voir la sourate Fil Coran n° 105). Ainsi la Kaaba fut sauvée par ce miracle dont tous les Arabes ont été témoins. En outre, une épidémie tua Abraha et la plupart de ces hommes. C'est en cette année dite de l'éléphant que naquit le Prophète et Messager de Dieu Mohamed (saws).

Lorsque Muhammad atteignit l’âge de 35 ans, les Quraychites entreprirent de reconstruire la Kaaba. Celle-ci ne possédait pas de toit et un groupe de voleurs avait dérobé un des trésors qu’elle renfermait. Aussi, l’édifice avait déjà subi les intempéries et les aléas du temps affaiblirent ses fondations et lézardèrent ses murs.
Ils décidèrent tous ensemble de n’investir dans ce sens que les biens honnêtement acquis, écartant de ce fait la dot des prostituées, les biens résultant de l’usure ou d’une injustice. Les gens avaient peur de détruire la Kaaba, alors Al-Walid Ibn Al-Moughira commença le travail de démolition. Les gens, après s’être rendus compte qu’aucun malheur n’avait atteint Al-Walid, le rejoignirent et continuèrent à démolir jusqu’à ce qu’ils atteignirent la fondation réalisée par Ibrahim.

Occupés ensuite à construire, Ils divisèrent la Kaaba en plusieurs parties dont chacune était à la charge d’une tribu. Chaque tribu rassembla des pierres et la construction commença. Lorsqu’on eut atteint l’endroit de la Pierre Noire, les tribus divergèrent sur la question de savoir qui d’entre elles aurait l’honneur de la mettre en place. Le conflit s’étendit sur 4 ou 5 nuits et faillit déclencher une guerre violente, puis les tribus se rassemblèrent pour trouver une solution juste. Ils décidèrent alors de prendre pour juge arbitre la première personne qui franchirait la porte de la Maison Sacrée où ils étaient réunis. Et ce fut Mohamed (saws). Dès qu’ils le virent, ils s’exclamèrent : « Voici l’honnête (Al-Amine) ! Nous acceptons son arbitrage ! C’est Mohamed ! »
Lorsque Mohamed fut mis au courant du motif de leur conflit, il demanda qu’on apporte un morceau de tissu. Il plaça ensuite la Pierre Noire au milieu du tissu et demanda aux chefs des tribus en conflit de tenir chacun un côté de l’étoffe puis de soulever ainsi la Pierre Noire. Ils s’exécutèrent et quand ils atteignirent sa place, Mohamed prit la pierre et la mit lui-même avec sa main. Puis ils construisirent là-dessus, satisfaits du jugement équitable qui les avait départagés.

Vint ensuite l’Islam qui s’est propagé dans l’Arabie et les musulmans conquirent pacifiquement la Mecque et la dépouillent de toutes les idoles.

La Kaaba se présente désormais sous l’aspect d’un petit édifice cubique situé au centre du « Masjid al-Haram ». A proximité de l’unique porte d’accès, on trouve la pierre noire qui a été enchâssée dans l’un des angles. A l’intérieur, la pièce est vide. Le plafond est supporté par trois piliers de bois et les murs sont recouverts de sourates. Dans un angle, un escalier étroit permet d’accéder à la terrasse. On l’emprunte une fois par an pour changer la « kiswa ». La porte de la Kaaba s’ouvre trois fois par an pour permettre de laver le plancher avec de l’eau puisée à la source de Zamzam (qui a été redécouverte par le grand-père de Mohamed). L’espace d’environ un mètre séparant la porte de la pierre noire est nommé « multazam ». Les quatre coins portent aussi des noms ; angle de la pierre, angle de l’Iraq, angle de Syrie et angle du Yémen.

Celle-ci resta dans cet état jusqu'au jour où Ibn Az-Zoubayr se retrancha dans la Mecque. Les troupes de Yazid ibn Mouawia marchèrent contre lui en 63 H. (683), sous le commandement d'Al-Husayn ibn Numayr As-Sakouni, et leur feu grégeois (naft) incendia la Kaaba, dont les murs se fendirent.
Ibn Az-Zoubayr fit abattre l'édifice et mit à nu les fondations posées par Ibrahim et reconstruisit l'édifice superbement.

A cet effet, il la fit recouvrir, pendant les travaux, d'un échafaudage de bois et de toile. Il fit venir, de Sanaa (Yémen), du plâtre et de la chaux et s'informa sur la carrière d'où provenaient les premières pierres ou il s’y approvisionna. Ensuite, il commença à bâtir sur les fondations d'Ibrahim. Il éleva des murs de vingt-sept coudées et fit ouvrir deux portes au niveau du sol, conformément à la tradition. Le sol et les murs furent recouverts de marbre et il fit fabriquer des portes et des clefs d'or.

Plus tard, sous le règne d'Abd Al-Malik, Al-Hajjaj vint assiéger Az-Zoubayr. Il bombarda la mosquée avec ses catapultes (manjaniq) et les murs se fendirent.
Après la défaite d'Ibn Az-Zoubayr, Al-Hajjaj demanda au calife ce qu'il fallait faire. Il reçut l'ordre de tout démolir et de tout reconstruire sur les fondations des Qorayshites.

Al-Hajjaj abattit, sur une longueur de six coudées et un empan, la partie où se trouve le Hijr, et la reconstruisit sur les fondations des Qorayshites. II mura la porte occidentale et la partie de la porte orientale qui est aujourd'hui sous le seuil. Il laissa le reste intact. Ce qui fait que l'ensemble actuel est celui d'Ibn Az-Zoubayr.
Le mur mitoyen entre les deux parties porte une fissure large d'un doigt, qui est maintenant bouchée.

Le parvis de la Maison Sainte forme la Mosquée. C'était une place découverte, dans laquelle on faisait le rite des « tournées ». Au temps du Prophète et de son successeur, Abou-Bakr, il n'y avait pas d'enceinte. Ensuite, avec l'afflux croissant des pèlerins, Omar acheta les maisons voisines, les fit démolir et récupéra ainsi de l'espace. Il fit construire un mur d'enceinte dont la hauteur n'atteignait pas la taille d'un homme. Ensuite, Othman, Ibn Az-Zoubayr, AI-Walad Ibn Abd Al-Malik suivirent son exemple. Ce dernier ajouta des colonnes de marbre. Sans additions nouvelles, la mosquée est restée telle qu'on peut la voir.
Dès avant l'Islâm, la Mecque était vénérée et les rois, comme celui de Perse, y envoyaient de l'argent et des trésors. On connaît l'histoire des épées et des deux gazelles (d'or) découvertes par Abd Al-Muttalib en déblayant le puits de Zemzem.

Quand le Prophète prit la ville, il trouva, dans la citerne, soixante-dix mille onces d'or, témoins d'offrandes royales. Il y en avait pour deux millions de dinars, d'un poids de deux cents quintaux. Ali Ibn Abi-Talib proposa alors à Mahomet de s'en servir comme trésor de guerre, mais le Prophète refusa. Plus tard, Ali n'eut pas plus de succès auprès d'Abou-Bakr.

Le trésor en question resta donc à la Mecque jusqu'à la révolte d'Al-Aftas (le Camus), c'est-à-dire AI-Husayn Ibn Al Hasan ibn Ali ibn Ali Zayn-al-Abidin, en 199 H. (815). Quand le Camus prit la Mecque, il se rendit à la Kaaba et fit main basse sur le trésor. et le dépensa. Depuis, il n'y a plus de trésor dans la Kaaba.


Sources :
"Essira Annabaouia" : Ibn Hichem
Traité d’histoires d’Ibn Kouthair
Traité d’histoires du Tabari
Al Mokadima d’Ibn Khaldoun
Wikipedia

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